ANALYSE ACTIVITE FOOTBALL

Le football est une activité multifactorielle dans laquelle la notion de « vitesse et de vivacité » sous toutes ses formes a pris de plus en plus d’ampleur ces deux dernières décennies. Le football moderne requiert de voir, d’agir, de réagir, d’enchainer des gestes techniques, des appuis dynamiques, d’anticiper, de courir, de changer de direction dans toutes les angulations et ce, le plus rapidement possible avec ou sans pression adverse, avec ou sans ballon.

Bien que le footballeur ne soit en aucun cas un sprinteur, nous devons essayer de le faire progresser dans cet aspect de la performance dans chacune des composantes du football (technico-tactique et technico-physique ) et sous toutes ses formes possibles.Cette qualité englobe une multitude de facettes toutes aussi précises et individuelles les unes que les autres.

La vitesse est peut être le mot le plus utilisé actuellement dans le vocabulaire footballistique. Et pas uniquement dans l’analyse physique tant la vitesse est partout. Le joueur doit courir vite, accélérer mais également réagir vite, contrôler, passer, dribbler très vite et surtout se replacer et se projeter vers l’avant extrêmement vite. L’exigence de vitesse accompagne pratiquement tous les secteurs du football de performance. Jouer très vite fait partie des fulgurances créatives.Lorsque l’on évoque la vitesse, il est préférable de ne pas trop se laisser emporter par un penchant à la réduction athlétique.La vitesse du jeu et la vitesse athlétique sont deux notions assez distinctes, les confondre encourage la sur-athlétisation du football.Lillo commence à s’interroger sur ce qu’est la vitesse en football  » Le concept de vitesse qu’on les gens est un concept de sport individuel, un concept ou l’on va d’un endroit à un autre… Est ce que le joueur sait à  quel moment faire sa course ? Parce que la vitesse seule, exprimée comme la capacité à se rendre le plus vite d’un endroit à un autre  n’a pas de valeur, elle n’existe pas. Quand l’athlète arrive, c’est fini. Quand le joueur arrive, cela ne fait que commencer. Le footballeur ne sait pas à l’avance quand il devra partir ni ou il ira et pendant combien de temps il courra. Dit autrement, la vitesse athlétique n’est qu’une partie mineure de la vitesse footballistique. Ce sont deux choses très différentes que d’être rapide et d’être capable d’utiliser cette vitesse. » Dans certains matchs, les qualités de vitesse de Walcott ou Roben ne s’expriment pas car les conditions d’utilisation de la vitesse n’ont pas été créées. A l’inverse un sprinteur utilisera ses qualités de vitesse sur toutes les pistes d’athlétisme.

Les nouveaux outils technologiques ont permis de chiffrer la vitesse et plus précisément l’accélération.La vitesse est un élément fondamental dans le football actuel. Durant un match, les joueurs effectuent environ 700 m de sprints (entre 100 et 140 sprints), avec des distances variant entre quelques mètres et 50 m et des temps de récupération avoisinant les 30 à 40 s, Bangsbo (1994). Les différentes études et analyses considèrent que la vitesse du footballeur est maximale aux alentours de 40 à 46 m (Bangsbo, 2008).

Toutefois, « la qualité de vitesse constitue une liaison des différentes qualités physiques », Carminati et Di Salvo (2003). Ils ajoutent que c’est une « qualité multicomposante » qui constitue une interconnexion entre les différents facteurs de performance. Elle nécessite des capacités de souplesse dynamique et de flexibilité, de coordination et de force (Ronnestad et al, 2008). Bangsbo (1994) avait même démontré qu’il y avait une corrélation entre la capacité de répétition de sprints et le VO2max. La vitesse est une qualité variée car elle fait intervenir aussi bien des facteurs d’ordre physique que psychophysiologique (Bauer, 1981).

Ces éléments psychophysiologiques sont à développer, entretenir et perfectionner quel que soit le niveau de pratique. Grâce à l’harmonisation de chacun de ces facteurs, les joueurs pourront développer leurs performances quel que soit le type de vitesse. Cette vitesse est multifactorielle et existe sous différentes formes : la vitesse gestuelle, la vitesse maximale, vitesse courte (accélération et démarrage), la vivacité, la vitesse-coordination, la vitesse-force, la survitesse et l’endurance-vitesse encore appelé capacité à répéter les sprints ou Repeated Sprint Ability (RSA) (Dellal, 2008)

Lorsqu’un supporter assiste à un match de football, il pense profiter de 90 minutes de spectacle. Mais il ne voit en réalité que 60 à 65 minutes de jeu effectives (Jacquet et al, 2002). Dans ce temps de jeu effectif, il voit le joueur parcourir 9 à 12 kilomètres (Burgees et al, 2006, Vigne et al, 2010), mais les courses intenses ne représentent que 30% de l’activité du footballeur, et les courses modérées et la marche représentent 70%. Plus précisément, les sprints représentent entre 1 et 11% de la distance totale parcourue et entre 0,5 et 3% de la durée effective du match (Mohr et al 2003, Wisloff et al 2004). Mais seulement, ces actions intenses apparemment noyées dans les périodes plus calmes sont précieuses, et de plus, elles sont fréquentes. Il a été recensé 30 à 40 sprints au total par joueur, soit 1 toutes les 90 secondes, d’une durée de 2 à 4 secondes et d’une distance moyenne de 15 mètres (maximum 40 mètres) (Burgees et al, 2006, Vigne et al, 2010, Gabett et al, 2008). Le nombre de sprint peut varier entre différentes études car les classifications en kilomètre/heure varient. Mais encore, les analyses en termes de vitesse absolue excluent les courtes accélérations alors qu’un joueur réalise 8 fois plus d’accélération que de sprint en match mais ces accélérations n’atteignent pas de hautes intensités. Ainsi la quantité de sprint à haute intensité peut sous estimer le nombre d’efforts de course à intensité maximale en match (Varley, 2013, Osgnach, 2010). Toutefois, il y a consensus sur le fait que les milieux excentrés et les défenseurs latéraux effectuent les sprints les plus intenses. Les vitesses maximales signalées en match tournent autour de 31 à 32 km/h, le plus souvent sans ballon (Rampinini et al, 2007). Mais lors de la dernière Coupe du Monde, Arjen Robben a été flashé à 37km/h, alors qu’il doit gérer le ballon dans sa course. Cette donnée démontre l’importance de la qualité de vitesse en football car la course du joueur hollandais se finit par un but. En effet, en Bundesliga 45% des buts sont précédés par un sprint droit du buteur (la plupart du temps sans adversaire et sans ballon), 16 % des buts sont précédés par un saut et 6% par un changement de direction. Le sprint droit est aussi l’action la plus fréquente pour le passeur, le plus souvent avec la balle (Faude et al, 2012).

Egalement, tous ces sprints ne s’effectuent pas en ligne droite. Les joueurs effectuent de multiples changements de direction à haute intensité. Ces changements de direction se font en réponse à des stimuli externes (le plus souvent visuels) incluant des facteurs de perception et de prise de décision. Sheppard et Young appellent cela l’agilité. Il faut alors distinguer le sprint en ligne, le sprint avec changement de direction sans incertitude, et l’agilité (changement de direction avec incertitude) qui sont trois qualités indépendantes et présentant un transfert de progrès limité de l’une à l’autre.

La vitesse linéaire est classiquement découpée en trois phases: accélération, vitesse maximale, décélération. Mais 90% des sprints sont inférieurs à 20 mètres donc la phase d’accélération est primordiale (Vigne et al, 2010). Cependant la vitesse maximale augmente lorsque le départ n’est pas statique, ce qui arrive souvent en match. Effectivement, les joueurs de football les plus rapides de la planète sont 0,6 secondes moins rapides que les meilleurs sprinteurs sur 40 mètres (Haugen et al, 2010, 2012, 2013). Les attaquants sont les plus rapides, suivis des défenseurs, puis des milieux et des gardiens (Haugen et al, 1995-2010, Taskin, 2008, Boone et al, 2012). Certainement parce que la chance de dribbler un défenseur ou de pouvoir défendre sur un attaquant augmente fortement avec une plus grande vitesse ou accélération. Mais aussi car les attaquants et les défenseurs sont impliqués dans le plus grand nombre de sprint (Thomas et al, 2014).

Les sprints avec changement de direction consistent à programmer un changement de direction dans sa course. Il faut savoir qu’il est rare de voir des changements de direction à hautes allures (Bloomfield, 2008). La capacité à réaliser un changement de direction selon une trajectoire connue est tributaire pour 50% à l’interaction de la vitesse, de la force maximale relative et de la masse maigre relative. Cette interaction renvoie à la notion de puissance. L’autre moitié de la performance en CDD serait dépendante des qualités de coordination (Cazorla, 2008).

L’agilité est définie par Sheppard et Young comme un mouvement rapide du corps entier avec changement de vitesse ou de direction en réponse à un stimulus (Sheppard et Young, 2006). Elle présente donc des composantes physiques et cognitives mais la majorité des tests en football ne prennent en compte que les composantes physiques. La majorité des changements de direction se font à partir d’une position stationnaire ou de course lente et rarement en pleine vitesse (Bloomfield, 2008).

Le temps de réaction au sol, la technique de course, la coordination et le placement du centre de gravité sont des éléments cruciaux pour changer de direction en plein sprint d’un point de vue de la performance et de la prévention des blessures (Thomas, 2014).
Les milieux sont plus forts en agilité qu’en sprints (Taskin 2008, Boone 2012, Sporis 2010) (la raison évoquée serait de moindres masses corporelles et vitesse pic, donc il serait plus facile pour eux de freiner pour réagir au stimulus (Haugen, 2010, Sporis, 2009).

La «RSA » est définit comme étant la capacité à répéter les efforts de vitesse au cours du match (Dawson, 1993). Dans les tests de RSA les distances varient de 15 à 40 mètres, les répétitions de 3 à 15 et la récupération de 15 à 30 secondes. On utilise le temps par sprint et la détérioration de la performance (capacité à résister à la fatigue au cours de l’exercice : VO2max aide à résister fatigue car il y relation linéaire entre la resynthèse du PCr et la capacité des mitochondries dans les muscles (Aziz et al, 2007)). Toutefois, la RSA dépend plus de la vitesse maximale de course qu’à la capacité aérobie (Pyne et al, 2008). Le temps total et le temps moyen réalisé sont utilisés comme indices de progression.

Cette capacité de sprint peut définir le niveau de pratique. En effet, les joueurs professionnels peuvent couvrir plus de distance en sprint dans un match que les joueurs amateurs (Rampinini et al 2007, 2009, Aziz et al 2008, Impellizzeri et al 2008). Ce qui montre le caractère indispensable du travail de vitesse.

 

Les différentes formes de la vitesse

  •  Vitesse maximale. Elle représente la vitesse maximale que peut atteindre un joueur lors d’un sprint ou d’une accélération (Gissis et al, 2006). Elle varie en fonction des individus et peut être atteinte selon des distances qui différent selon les postes et les organisations de jeu (Mourihno, 2005). En football, nous considérons qu’un joueur atteint sa vitesse maximale aux alentours de 40 à 46 m (Bangsbo, 2008). Cette forme de vitesse doit être spécifique et son entraînement doit être orienté uniquement en ce sens (Little et Williams, 2005). Lorsque le staff effectue un entraînement avec des exercices à vitesse maximale, les joueurs accumulent des lactates et d’autres déchets métaboliques tels que l’hypoxantine ou les phosphate inorganique (Pi) et de ce fait, le délai de récupération approchera les 48 h (Carminati et Di Salvo, 2003).

Carminati et Di Salvo (2003) proposaient même de préciser que la vitesse maximale des joueurs est atteinte pour une distance de 18 m quel que soit les postes occupés. Ils relevaient qu’elle serait le type de course maximale du footballeur. Carminati et Di Salvo (2003) confirmait cela.

  • Vitesse courte. Elle englobe la capacité d’accélération et d’atteinte de la vitesse maximale sur des distances courtes (5 à 20 m qui seraient directement influencées par la capacité de réaction, d’anticipation et d’action (Carminati et Di Salvo, 2003). Gissis et al (2006) indiquaient que les professionnels de haut niveau avaient des performances sur 10 m significativement plus élevées que des joueurs sub-élite et des amateurs. Di Salvo et Pigozzi (1998) indiquaient par exemple que les défenseurs centraux et les milieux effectuaient entre 45 et 50 accélérations sur des distances de vitesse courte de 2 s. Ces actions courtes nécessitent une qualité des appuis et de fréquence gestuelle (Bangsbo, 2007) inhérente à l’activité du footballeur faite de changements de direction et de rythmes (Bangsbo, 1994a). Lors d’un entraînement intégrant des exercices de vitesse courte, le délai de récupération est de 24 h (Bangsbo, 2007) mais elle ne peut être appliquée la veille de match (Dellal, 2008). Le principal substrat énergétique, les PCr, se régénérait rapidement si les efforts ne sont pas trop répétés et l’accumulation de lactate serait inférieure à 8 mmol.l après 4 répétitions de 18 m entrecoupées de 1 min de récupération passive (Bangsbo, 2007). Toutefois, le staff doit faire attention au nombre de séries et de répétitions pouvant induire une hausse importante de la lactatémie pour des distances de courses de 15 m (Little et Williams, 2007b). La vitesse courte pourrait intégrer une séance de répétitions de sprints avec pour objectif de retarder l’apparition de la fatigue et de conserver ses performances le plus longtemps possible (Little et Williams, 2007b). Carminati et Di Salvo (2003) relevaient que 18 m constituait la distance où le joueur pouvait atteindre sa vitesse maximale quel que soit le poste occupé. Ils ont relevé ces résultats de vitesse courte selon les positions jouées par les joueurs :
  • 2.895 s pour les gardiens,
  • 2.865 s pour les défenseurs centraux
  • 2.84 pour les défenseurs latéraux
  • 2.860 pour les milieux
  • 2.862 pour les attaquants
  •  Vivacité. Elle représente la capacité d’un sportif à effectuer des actions rapides de quelques mètres tout en changeant de direction de manière tout aussi rapide (Bangsbo, 2007). La qualité des appuis, le rythme et la fréquence gestuelle sont essentiels à ce niveau. Le délai de récupération est de 24 h car le principal substrat énergétique, le PCr, se régénère très vite si les efforts ne sont pas trop répétés. La distance de travail se situe entre 2 et 14 m (Carminati et Di Salvo, 2003). La vivacité intègre régulièrement les séances de veilles de matchs avec des exercices d’appuis, des changements de direction tout en combinant l’utilisation de différents stimuli visuels, sonores ou gestuels. Le footballeur doit accélérer et être le plus réactif au sol. Carminati et Di Salvo (2003) relevaient que les temps de contact au sol devaient être les plus courts possibles, entre 0.16 s et 0.18 s selon les postes, et que cette capacité de réaction au sol est directement corrélée au nombre de répétitions de vitesse courte. Enfin, notons que le joueur doit être capable d’être vif le plus longtemps possible durant le match et de ce fait nous sommes plus dans un travail mixte, à la fois aérobie-anaérobie (Krustrup et al, 2001) dans la capacité à réitérer les efforts intenses de courtes durées (Little et Williams, 2007b).

 

  • Vitesse-coordination. Elle consiste à maîtriser des actions dans des situations prévisibles (automatisme) ou imprévisibles (adaptation), de les exécuter de façon économique et d’apprendre rapidement les mouvements, avec une certaine vitesse (Weineck, 1998). Le staff souhaite ici effectuer des actions, des gestes techniques (dribble, enchaînement de contrôle- passe…) à une vitesse optimale. Toutefois, Little et Williams (2005) démontraient qu’un travail de vitesse maximale et de vitesse courte n’améliorait pas forcément l’agilité des joueurs et la vitesse de coordination. Cependant, Bloomfield et al (2007) indiquaient qu’un entraînement combiné en vitesse maximale, en vitesse coordination et en vitesse courte était très intéressant pour améliorer les performances de vitesse spécifiques au football comparativement à l’entraînement en jeux réduits. Young et Farrow (2006) ont travaillé sur les spints en ligne et sprints avec changements de direction (COD), et ont monré que ces qualités étaient distinctes. En effet améliorer les sprints simples n’améliore pas les sprints avec COD et par conséquent ces qualités doivent etre travaillées en parallèle

 

  • Sur-vitesse. La survitesse consiste à faire courir ses joueurs à une vitesse plus importante que leurs vitesses optimales afin de les habituer à de nouvelles fréquences gestuelles et autres éléments de la technique de vitesse (Bangsbo, 2008). Le staff veut surprendre le muscle. Ces exercices sont en général effectués sur une pente inclinée au maximum de 3 à 5% (Romanova, 1990). Au delà de cette inclinaison, la qualité de la technique de course serait détériorée. Enfin, nous devons savoir que le travail en sur- vitesse augmente la sollicitation des groupes musculaires des ischio-jambiers (Bangsbo, 2007) et de ce fait, elles pourraient occasionner certaines lésions si ce groupe musculaire n’est pas parfaitement préparé (Dellal, 2008). Les séances peuvent être du type 6 X 20 m sur une pente de 4% avec une récupération de 1 min entre chaque répétition (Sassi, 2001). Les données de la littérature scientifique sont à ce jour trop maigres pour établir un constat de cette approche de la vitesse. Toutefois, cette technique permettrait de franchir un palier de vitesse et d’apporter une variation dans l’entraînement de la vitesse. Ce dernier élément, la variation des exercices et des sollicitations, constitue une des clés du travail de la vitesse (Carminati et Di Salvo, 2003)

 

  • Vitesse-endurance. Elle représente la capacité du joueur à effectuer des répétitions de sprints courts ou longs sans perte de vitesse. Ce travail permet de répéter des sprints et de maintenir le plus longtemps possible la vitesse maximale, d’augmenter les réserves de phosphagènes, d’être protégé contre l ́acidification lactique (baisse du pH, sprints longs) et un retour à un meilleur état de fraîcheur avant chaque début de sprint (Carminati et Di Salvo, 2003). Le délai de récupération approche 72 h car les joueurs accumulent des lactates et d’autres déchets métaboliques (Bangsbo, 2007). Cette forme de vitesse peut être rattachée aux exercices intermittents intenses de courtes durées au cours desquels les joueurs doivent effectuer un certain nombre de sprints, avec un temps de récupération défini au préalable et avec une performance métrée à réaliser (Brown et al, 2007). Hill-Haas et al (2007) relevaient que l’endurance et la vitesse étaient deux facteurs interactifs. La répétition de sprints de 3 séries de 6 sprints de 40 m induisait un entraînement sollicitant la capacité aérobie du joueur (Bravo et al, 2007).
  • Vitesse-force. La vitesse est directement influencée par la qualité de force du train inférieur (Carminati et Di Salvo, 2003) et des muscles de la ceinture pelvienne (Sassi, 2001). Lors des premiers mètres, la poussée au cours d’un démarrage est très importante et dépend directement de la force du joueur (Kotzamanidis et al, 2005). La répétition de sprints serait également influencée par la qualité de force isocinétique d’extension de la jambe à 240° la cuisse (e.g. Newman et al, 2004). De ce fait l’entraînement de la vitesse doit être accompagné par un entraînement en force avec certaines précautions à prendre. En effet, Askling et al (2003) indiquaient que des joueurs ayant effectué un renforcement musculaire spécifique au niveau des ischio-jambiers en début de saison, pouvaient présenter des blessures lors d’accélérations. La gestion des ces deux facteurs de la performance étroitement liés est délicate mais elle reste indispensable. Cometti et al (2001) indiquaient que les performances en force isocinétique des extenseurs et fléchisseurs du genou (120° et 300°) et en vitesse sur 10 m présentaient des facteurs de différenciation entre amateurs et élites.

D’autres méthodologies d’entraînement permettent de travailler à la fois en force et en vitesse. Il s’agit d’effectuer diverses actions rapides tout en étant soumis à une charge tels que les harnais de résistances, les parachutes, les élastiques, les terrains boueux, le travail en côte, les fosses de sable ou encore la charge d’un adversaire (Sassi, 2001). La qualité de force vitesse est certainement la plus importante et la plus délicate à maîtriser.

  • Vitesse-puissance en côte: La vitesse peut être travaillée par des exercices sur des pentes inclinées (Figure 24). Lors d’une séance en côte, l’inclinaison ne doit pas excéder 10-15% afin de rester dans un travail de puissance-vitesse ou force-vitesse (Carminati et Di Salvo, 2003). Plus l’angle de la côte est important, plus les poussées concentriques des quadriceps seront importantes. Ce type de travail en cote est également intéressant pour faire monter rapidement la FC (100 bpm en moins de 10 s) mais détériore la fréquence gestuelle (Sassi, 2001). Le staff peut également proposer du travail en escalier sur des marches basses pour développer la puissance du joueur, et ce, notamment pour les retours des blessés aux ischio-jambiers.

 

  • Vitesse en état de fatigue. Ces entraînements consistent à faire des exercices de vitesse en situation de fatigue (Cometti, 2002). Il peut également rejoindre la méthodologie de répétitions de sprints. Plus le joueur arrive à conserver sa performance en sprint, plus il retarde sa fatigue, plus il sera performant sur le terrain (Bangsbo, 2007 ; Rampinini et al, 2007c). Ces exercices sont intéressants sachant que la différence entre les équipes s’effectue majoritairement dans le dernier quart d’heure du match, et de ce fait, l’équipe ayant le plus de ressources physiques, mais aussi morales, pourra prendre l’avantage (Lippi, 2007). Les joueurs doivent être capables à la fois de parcourir une distance totale aux alentours de 10000 m (Rampinini et al, 2007a), de jouer des duels au sols et aériens, d’être tactiquement performants, d’être mentalement efficaces, d’être techniquement compétitifs tout en étant systématiquement rapides et de pouvoir répéter ces sprints le plus longtemps dans le match (Carminati et Di Salvo, 2003).

 

Voici mon groupe de National saison 2015/2016 :

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Relation avec les performances des joueurs en match officiels :

Les performances athlétiques des joueurs au cours d’un match de football de haut niveau présente une augmentation des courses à très haute intensité accompagnées d’une diminution du temps de récupération entre ces efforts. Chaque joueur réalise entre 1000 et 1400 actions de courtes durées dont 220 à haute intensité incluant à la foi des sprints courts, des accélérations, des décélérations, des changements de direction. Or une des qualités du footballeur de très haut niveau réside dans sa capacité à changer de direction et spécifiquement selon le poste de jeu occupé.

La vivacité est une qualité athlétique essentielle qui se met au service de la réalisation technique du joueur.

L’importance des accélérations et des décélérations : 

Les joueurs effectuent entre 39,4 mètres et 773,7 mètres à une vitesse supérieure à 21 km/h, ce qui correspond à une fourchette situé entre 3,1% et 7,3% de leur activité globale au cours d’un match.

Mêmes si ces chiffres paraissent faibles, c’est à ce niveau que se créent les différences entre les joueurs et les équipes.

Au cours d’un match, les joueurs effectuent entre 79 et 146 accélérations à des vitesses maximales atteignant 22 à 33 Km/h. Les joueurs peuvent atteindre des vitesses instantanées allant jusqu’à 37 Km/h au cours d’un match.

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